ELP Premier album

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    Bobbywayne
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    Message  Bobbywayne le Ven 24 Aoû - 11:54

    Bonjour à tous.
    Je poste ma petite analyse du premier album d'ELP (qui a été censurée sur gutsofdarkness).

    The Barbarian

    The Barbarian s'ouvre sur un son de basse oppressant, à travers lequel un clavier semble se frayer un chemin. Les coups de Palmer sur sa batterie au goutte à goutte rendent sa route difficile, comme s'il risquait à chaque moment d'être découpé en plusieurs morceaux (on se rappelle du célèbre assassinat de clavier de Keith Emerson chez les Nice). Et pourtant contre toute attente, une fois que la basse laisse sa place, le clavier devient dominant et ne va presque pas quitter sa position de roi (Keith Emerson est déjà en train de prendre un rôle de leader). Lorsque la basse intervient à nouveau, le clavier est beaucoup plus vigoureux et capable de conserver son rôle malgré l'oppression du jeu de Palmer qui s'accroche au clavier jusqu'au maelstrom final.

    Take a pebble

    L'introduction du morceau suivant est placée sous influence de The Nice. Emerson frotte son clavinet à la manière d'un Lee Jackson, qui usait d'un archet pour torturer sa basse. Cependant, la voix claire de Greg Lake, pour la première fois sur l'album, décentre l'influence des Nice et installe un air de King Crimson (je précise qu'effectivement, c'était le chanteur des deux premiers albums), avec un chant éloquent dont il a le secret et qui se rangerait du côté de Moonchild ou d'Epitaph. Le morceau s'inscrit dans la mouvance prog et le calme paisible retrouvé se fait américain, très bluegrass, à des antipodes de la section précédente. C'est plutôt sympathique et bien amené (le bruit de l'eau, les percussions). Cela marque une transition avec la section suivante où le clavier reprend ses droits et entraîne toute sa suite dans son sillage jusqu'à l'enchaînement final. Le retour de la voix de Lake se termine sur une note éloquente, mais dans laquelle surnage une certaine folie.

    Knife Edge

    Je ne connais pas les morceaux de Bach et Janacek dont cette chanson s'inspire, mais je pense que l'écoute de ce morceau n'en est pas forcément rendue incompréhensible. On retrouve la basse oppressante du début, et la voix de Lake, cette fois-ci un peu plus grave, et au chant un peu plus froid et lointain un peu comme celui du 1st Century Schizoid Man. Emerson semble jouer de son clavier de manière totalement maritime, par vagues. La suite instrumentale rappelle définitivement l'incroyable marée du morceau des King Crimson. Le retour final de la voix de Lake insiste sur la folie ambiante et la violence qui s'en dégage (les trois premiers titres font référence à une violence sourde ou effective : The barbarian, Take a pebble, Knife edge et ça ne s'arrêtera pas là). Le morceau se termine là où le Working all day des Gentle Giant débute : par un suicide mélodique.

    The Three Fates

    Ce morceau fait référence aux Trois Parques, Clotho (qui coud le fil de la vie), Lachésis (qui l'enroule) et Atropos (qui le coupe). L'orgue d'Emerson se fait plus clérical et évoque probablement une naissance grandiloquente, placée sous les meilleures auspices du seigneur. Le fil, c'est le clavier d'Emerson, sur lequel vont se greffer la guitare de Lake, la batterie et les percussions de Palmer. La mélodie annonce la future oeuvre d'Emerson, Inferno. Emerson file sa mélodie, et malgré quelques sons d'ascenseur (des montées et des descentes brusques), le morceau est plutôt relativement calme. Mais chez ELP, le calme annonce la tempête et l'orgue grandiloquent du début se fait à nouveau entendre, annonçant de nouveaux tourments. La suite du morceau s'organise comme une fugue, où le clavier se poursuit lui-même avec une meute de ménagerie (refuser sa mort? échapper à son destin?). Clotho finit par couper le fil, mais dans une version moderne : par une explosion.

    Tank

    Ce morceau qui fera partie du répertoire classique d'ELP sur scène partage la même introduction que le morceau Nice in Sleazy des Stranglers sur Black and White (dont le titre qui l'ouvre est... Tank!). Le clavier d'Emerson ressemble parfois à une trompette (l'une de celle de Jericho, l'arme meurtrière de la bible). Le ton du morceau est très rapide, pour ne pas dire militariste. Palmer tape sur sa grosse caisse et l'analogie du son nous fait penser à des coups de feu tirés. Ce morceau aurait pu s'appeler Duel, tant la batterie se fait véhémente dans sa lutte contre le clavier. Ce morceau peut en refroidir plus d'un, alors qu'il est sensiblement un peu plus grandiloquent que la partie instrumentale de Moonchild (qui ne plaît pas à tout le monde ceci dit). Finalement, le clavier reprend ses droits et Emerson en tire des sons stridents. Tarkus n'est pas bien loin...

    Lucky Man

    Ce morceau un peu plus pop rappelle qu'ELP était capable de composer des morceaux plus faciles d'accès. Pour ma part, j'aime beaucoup Jeremy Bender, qui est plutôt bien arrangé, son seul défaut étant de servir de transition aux bulldozers qui l'entourent. Ce morceau transfiguré par la voix de Lake a été écrit par ce dernier dans sa jeunesse. Les paroles sont assez simples, mais tendant à parler de l'humanité à travers un homme chanceux, qui à tout pour lui. Des paroles plutôt positives avec des arrières-pensées philosophiques. Pourtant cet homme meurt, et est-il en cela si chanceux? Je ne sais pas comment interpréter la fin du morceau, tant le clavier d'Emerson se déchaîne et rappelle parfois la sonnerie d'une ambulance. Sommes-nous conscient de notre chance d'être en vie qu'au moment de notre mort?

    Au final, un premier essai transformé par ELP qui reprend des influences classiques et rock pour trouver sa propre identité. Par ailleurs, notons que le rôle du clavier, comme chez the Nice est plus que central et parfois en roue libre, ce qui sera à l'origine des rejets de ce groupe de la part des amateurs de rock progressif ou de musique tout court.




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    Pachy
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    Message  Pachy le Mar 21 Oct - 14:36

    Pour moi,le premier opus d'ELP reste peut-être le meilleur!
    Pas une fausse note,tout est super...
    Greg Lake est un pas un grand chanteur dans le sens du terme,mais arrive avec la musique à nous faire aimer cette voie
    En fait,c'est plutôt un chanteur de charme!
    Bref,je suis fan de la période 70-74!
    Après,c'est plus ça... :shock:

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